DEEJO, C’EST L’HISTOIRE D’UN OBJET TOUT SAUF ACCESSOIRE, QUI PORTE SUR SA LAME, L’ÂME DE SON PROPRIÉTAIRE

12/11/2021

Questions à Luc Foin, l’un des 2 co-fondateur de la marque Deejo


Photo: Patrick Gaillardin

Deejo : Vous répétez à l’envie que chaque Deejo a une âme. Comment un objet peut-il avoir une âme ?

Luc Foin : Au commencement, il y a mon adoration pour les objets empli de sens. Pas ceux qu’on accumule dans le cadre d’une collection compulsive, mais ceux qui sont témoins du temps qui passe, ces objets qui durent et qui vieillissent avec nous (parce qu’on les répare plutôt qu’on ne les jette), qui se patinent avec le temps et se chargent en émotions et auxquels, forcément, on s’attache. Je cite souvent auprès de mes clients l’exemple de cette vieille « Remington » qui trône dans mon bureau. Là où mon associé Stéphane Lebeau (qui a dessiné nos couteaux) ne voit qu’un nid à poussière encombrant, j’imagine les usines qui l’on produite aux États-Unis au début de XXème siècle, le commercial qui en fait la réclame à un client depuis son comptoir de vente, celui ou celle qui l’a choisi minutieusement, soucieux de faire le « bon choix », et enfin les centaines (les milliers ?) d’heures passées dessus, tantôt dans l’urgence d’un papier à rendre dans l’heure ou dans la sérénité d’un ouvrage rédigé avec soin. Était-elle/il sténo dactylo dans un cabinet d’affaires à Chicago, journaliste au New-York Times ou écrivain dans l’Ohio ? Je vous parle de ma Remington, mais je pourrais tout aussi bien vous parler de mon Leica M6 acheté avec mon premier salaire ou de cette montre acquise le jour de la naissance de ma fille… Parce que oui, les objets ne sont pas aussi anodins qu’ils peuvent paraître de prime abord et peuvent aussi raconter de (belles) histoires.


D : en quoi un couteau Deejo « tatoué » se charge-t-il en émotion ?

LF : En permettant à nos clients de tatouer leur Deejo, nous les invitons à découvrir le bonheur de s’attacher à un objet forcément très personnel. C’est encore plus vrai si on vous l’offre. Selon la personne qui vous l’offre, dans quel contexte, à telle ou telle date, avec un tatouage choisi pour vous plaire, un Deejo devient bien plus qu’un simple couteau. C’est un objet qui VOUS appartient.


D : On parle beaucoup de tatouages chez Deejo…

LF : Deejo a en effet inventé « le tatouage » sur la lame d’un couteau. C’est une approche totalement inédite en coutellerie qui, par le biais d’un motif venant couvrir l’intégralité de la lame, du manche, ou les 2 à la fois, permet à chacun d’afficher / de revendiquer / de clamer (rayer la mention inutile) son appartenance à une tribu ou son attachement à un style. On pense bien évidemment aux motards, aux pêcheurs, aux chasseurs, aux alpinistes ou autres amateurs d’horlogerie qui se retrouvent dans tel ou tel tatouage en adéquation avec leur passion. Mais il y a aussi ceux qui afficheront leur bon goût ou la tendance du moment, en se laissant séduire par un motif plus classique ou au contraire très actuel.


D : Certains disent qu’un couteau ne s’offre pas parce que cela coupe les liens d’amitiés…

LF : Un couteau coupe tout sauf l’amitié ! Et puis offrir un Deejo, ce n’est pas juste offrir un couteau. C’est offrir bien d’avantage. D’ailleurs, on mesurera la puissance et la justesse de l’intention selon la configuration et le tatouage choisi. Il y a ceux qui prennent peu de risque et qui choisissent un tatouage classique, universel ou tout simplement élégant, et les plus audacieux, les plus intimes qui osent un tatouage en parfaite adéquation avec la personnalité de son (heureux) propriétaire.


D : Le mot de la fin ?

LF : Offrir un Deejo, c’est mettre de soi en pensant à l’autre. En fait, c’est à l’opposé de la carte cadeau, impersonnelle, que l’on charge d’argent à défaut d’émotions. Jamais le dicton « c’est l’intention qui compte » n’a été aussi bien illustré que par Deejo.